CONTACT
Le blog du Tigre Une fenêtre sur l'ailleurs
Retour à la liste des articles
 

Costa Rica : les chants de la jungle du Corcovado

11 octobre 2021
Anne-Sophie Silvan
Spécialiste du Costa Rica

Au Costa Rica, loin des routes et des villes, une région profondément sauvage abrite une concentration de faune et de végétation impressionnante. Le parc national du Corcovado héberge en effet 2.5% de toute la biodiversité du monde sur son seul territoire, ce dernier ne dépassant pas la superficie du canton de Vaud ! Oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens y cohabitent sur terre, dans les cieux, sur les arbres et dans les rivières, sous les yeux émerveillés des scientifiques qui les étudient depuis leurs bases d’observation. La zone est aussi accessible au tourisme, sous certaines conditions. Un crochet qui vaut particulièrement le détour en saison sèche (de novembre à avril) et qu’on vous invite à découvrir un peu plus dans cet article !

Quelques mots sur le parc national du Corcovado

Le parc national du Corcovado borde la côte Pacifique du Costa Rica. Elle a longtemps été difficile d’accès, car reculée des grands axes, une situation qui lui a permis de tenir un peu plus que le reste du pays face à l’avidité humaine pour les matières premières. Mais pouvoir résister à l’homme ne semble être qu’une question de temps… Dès les années 1960, chasseurs, bucherons et chercheurs d’or ont commencé à s’y établir, attirés par ce qui pourrait les enrichir, abattant arbres rares et chassant la faune locale. Mais poussé par un comité de scientifiques, le gouvernement a finalement décrété en 1975 que la zone deviendrait un parc national d’importance. Depuis, cette partie de la péninsule vit plus sereinement que par le passé, même si aujourd’hui encore le pays lutte toujours dans une moindre mesure contre le braconnage. Et c’est également le tourisme que les autorités cherchent à encadrer afin qu’il ne perturbe pas ces écosystèmes, ce qui fait d’ailleurs que les accès au parc sont régulés.

Iguanes, pumas, reptiles, grenouilles... le Corcovado regorge d'animaux !

Où et comment aller au parc national du Corcovado ?

Le parc est divisé en plusieurs secteurs reliés par des chemins qu’on peut parcourir à pied. La partie que nous conseillons de viser pour avoir un bon aperçu global de la faune et de la végétation se nomme « La Sirena », elle est située sur la côte sud de la péninsule. L’endroit réunit les conditions nécessaires pour une observation optimale de la vie animale et a l’avantage d’être rapidement accessible à ceux qui souhaitent s’y rendre en bateau. On peut en effet partir depuis « Drake Bay » pour une petite croisière d’environ 1h15 jusqu’à la plage de « La Sirena » d’où débutent des sentiers qui sillonnent le parc.

Mais pour les plus aventuriers qui n’ont pas peur de randonner dans la vase et l’humidité, on peut aussi traverser le parc national du nord au sud en partant du village de « La Palma ». De cette dernière bourgade, on longe une rivière sur une quinzaine de kilomètres et on s’arrête à un premier refuge. On peut ensuite continuer sur une dizaine de kilomètres supplémentaires jusqu’à atteindre « La Sirena ».

On gardera à l’esprit que le Corcovado n'est ouvert que la journée de 7h jusqu’à 16h, et la présence d’un guide est obligatoire ! Ne tentez pas l’aventure sans ce dernier, vous pénétrerez en effet l’un des écosystèmes les plus denses du monde, ce qui implique de s’exposer à quelques dangers... On ne pense pas uniquement ici aux reptiles, serpents et autres créatures cachées dans les fourrés ou les branchages, mais également aux crocodiles tapis dans les rivières, aux pécaris parfois agressifs qui se déplacent en meute (mammifères qui ressemblent à des sangliers) ou tout simplement à la possibilité de se perdre et risquer de rester coincer une nuit dans la jungle. Et bien sûr, vous passerez à côté de nombreux animaux et plantes sans les voir ni les comprendre si vous n’êtes pas accompagnés d’un guide naturaliste expérimenté !

Crocodiles et serpents du Corcovado

Et une fois sur place, que faire et que voir ?

Au camp de « La Sirena », nous vous conseillons de rayonner dans la région. Baladez-vous le long des sentiers à proximité pour observer les animaux dans les forêts environnantes. Il n’est pas garanti que vous voyiez tous les animaux de la jungle, mais vous avez statistiquement de grandes chances d’apercevoir de nombreux spécimens ! Notamment des paresseux accrochés aux arbres qui vous observeront avec sourire, des fourmiliers, des familles de coatis, des singes écureuils, capucins, araignées ou hurleurs virevoltant de branches en branches, des basilics verts courant sur l’eau, des iguanes, des grenouilles aux multiples couleurs, ou encore les emblématiques toucans et leurs longs becs colorés.

Toucans, fourmiliers et paresseux ne sont pas toujours faciles à déceler dans la végétation

Sachez aussi que la jungle vit selon deux rythmes : certains animaux ne sortent que le jour et d’autres uniquement après le crépuscule. On pourra donc contempler des espèces sensiblement différentes en fin de journée. Néanmoins, une fois la nuit tombée, on retournera au camp pour se plonger dans l’ambiance sonore des lieux (il est d’ailleurs interdit de se promener de nuit). Vous pourrez partager un repas avec les scientifiques et naturalistes du camp, avant de vous endormir sous votre moustiquaire dans un des dortoirs rustiques, caressés par la brise océanique et bercés par le chant de la jungle.

On peut observer plusieurs espèces de singes au Corcovado

Le lendemain matin avant le lever du soleil, on vous fera continuer en direction du sud. L’itinéraire qui lie les deux sites est considéré par les guides comme celui où il y a la plus grande possibilité de voir des animaux. Stratégiquement situé entre les forêts et la plage, le tronçon est en effet un corridor biologique pour toutes les espèces qui se meuvent dans cette région, sur terre ou via les arbres. Y vivent aras rouges, aigles, harpies, ou encore tapirs, toutes sortes de grenouilles et amphibiens colorés, ainsi que plusieurs variétés de singes.

Certains animaux sont rares et plus farouches, tels le puma, l’ocelot ou le jaguar. Alors si vous ne les voyez pas, consolez-vous en vous disant qu’eux vous auront certainement vus passer de loin !

Au Tigre Vanillé travaille depuis de nombreuses années avec le Costa Rica et peut élaborer pour vous sur mesure un voyage qui prendra en compte vos centres d’intérêt. Pour plus d’informations sur le parc national du Corcovado, contactez nos spécialistes !

This entry was posted in . Bookmark the permalink.