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du Tigre
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Un joyau méconnu d’Oman : le Dhofar

21 juillet 2022
Hubert Vereecke
Spécialiste d'Oman

Dhofar. Le nom de cette province omanaise vous est (encore) sûrement inconnu, et pour cause, c’est aussi une des régions les moins visitées du sultanat. Le Dhofar est pourtant une de ces petites pépites qui vaut le détour. Elle est couverte de côtes sauvages, de plages de sable blanc désertes, un relief tourmenté de canyons, de plateaux et de montagnes, ou encore un incroyable désert et les vestiges d’anciennes cités antiques.

Plantons le décor : il s’agit de la région la plus au sud d’Oman, située entre le Yémen, le désert du Rub Al-Khali (dont nous reparlerons plus tard) et la mer d’Arabie. La ville de Salalah en est la capitale, ainsi que la deuxième ville du pays après Mascate. De juin à août, le Dhofar connaît une période de mousson avec de fortes pluies et des températures étonnamment basses pour cette région du monde, ce qui ne manque pas d’attirer les habitants du Moyen-Orient en recherche de fraîcheur et de verdure. En quelques semaines seulement, les paysages désertiques se parent en effet d’une couleur vert tendre jusqu’à octobre.

Alors que voir et que faire au Dhofar ? On vous invite ici à sortir des sentiers battus et à découvrir dans cet article cinq raisons de visiter cette région lors de votre prochain voyage à Oman !

1. Les plages de sable blanc de la « riviera » omanaise

Bordée de cocotiers et recouverte d’un sable fin à la blancheur rare, la longue plage de Salalah s’étire sur des kilomètres et se prête idéalement au farniente. L’emplacement du resort Anantara Al Baleed est incontestablement le meilleur endroit où poser quelque temps ses valises.

Non loin de Salalah existe une petite merveille : la plage sauvage de Fazayah, au sable tout aussi paradisiaque et à l’eau d’un turquoise hypnotisant ! Les environs sont grandioses, entourés de falaises et de parois ocre. Le bord de mer n’est pas aménagé, mais on y trouve facilement une crique de charme où poser son linge. Notre guide vous organisera d’ailleurs un barbecue sur la plage à midi, ou en fin de journée, un moment magique où vous aurez l’impression d’être seul au monde.

En vous promenant sur ces plages sauvages, ne soyez pas surpris de croiser des chameaux profiter en toute liberté de l'air marin, c’est un spectacle assez courant ici !

Les plages de Al Fazayah et de Mughsail (Hubert Vereecke, Au Tigre Vanillé)

2. Le désert des déserts, ou le quart-vide

Si vous êtes de passage dans le Dhofar au moins une semaine alors une escapade de deux ou trois jours dans le désert du Rub Al Khali, surnommé le « désert des déserts » par l’explorateur Wilfred Thesiger, s’impose ! Aux confins de l’Arabie Saoudite, du Yémen et d’Oman, recouvrant un quart de la superficie de la péninsule arabique, ce désert est la plus grande accumulation de sable de notre planète. Il est aussi l’un des moins parcourus…

Avant d’y entrer, prenez le temps de visiter la cité légendaire d’Ubar récemment redécouverte dans années 1990 par des archéologues anglais qui l’appelèrent « l’Atlantide du désert ». Même si l’on ne voit plus aujourd’hui que quelques-unes des vieilles pierres des anciennes fortifications qui sont éparpillées sur le site désertique, se plonger à l’époque où Ubar fut une ville florissante au commerce prospère au carrefour des routes de l’encens est une activité passionnante. Les caravanes s’y arrêtaient avant d’entreprendre la longue traversée du désert. Difficile d’imaginer, une fois sur place, que la cité était particulièrement riche et en avance sur son temps, mais ici de grandes familles de commerçant entretenaient bel et bien de luxuriants jardins !

Le désert du Rub Al-Khali

Quittez Ubar et pénétrez à présent dans le désert du Rub Al Khali aux immenses dunes de sable et aux formations rocheuses intrigantes. Pas de programme prédéfini : ici on profite de ces paysages hypnotisants à perte de vue, du lever et du coucher de soleil, et on laisse son esprit vagabonder et s’imaginer les caravanes antiques transportant myrrhe et encens. Aux heures fraîches du matin, tentez de gravir l’une de ces dunes géantes, mais vous le verrez, l’exercice est plus dur qu’il n’y paraît…

3. L’encens et les cités antiques

Dans les environs de Salalah, la conjonction entre qualité du sol et climat unique ont permis à l’arbre à encens de s’implanter dans le Dhofar. Celui-ci ne pousse pratiquement que dans cette région du monde ! Une fois l’écorce incisée, une gomme liquide en sort et doit sécher une dizaine de jours avant que l’encens puisse être récolté. Une manne à l’origine de la richesse d’Oman puisque cet or végétal a conquis les marchés du monde entier depuis les cités portuaires d’Al Baleed ou de Sumhuram, aujourd’hui héritières de cet âge d’or.

Un arbre à encens et sa fameuse sève séchée qui a conquis le monde (Hubert Vereecke, Au Tigre Vanillé)

Lors de votre passage dans le Dhofar, ne manquez pas non plus de visiter, avec notre guide archéologu,e l’étonnant complexe d’Al Baleed, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les enceintes de pierre de cette cité datent probablement du XIe siècle et des fouilles sont toujours en cours depuis les années 1950. À la fin du XIIIe siècle, l’explorateur Marco Polo s’y serait même arrêté !

L’ancienne cité fortifiée de Sumhuram (parfois appelée Khor Rori), fondée au IIIe siècle avant J.-C., vaut également le détour. Ici, des produits en provenance d’Asie et d’Inde étaient échangés contre des cargaisons d’encens. La cité surplombe aussi une splendide lagune et une réserve naturelle où l’on peut se promener sans contraintes, au milieu des chameaux en liberté…

Les sites archéologiques de Sumhuram et Al Baleed (Hubert Vereecke, Au Tigre Vanillé)

4. Les canyons et la côte déchiquetée

Les paysages de canyons (appelés wadis), sculptés par l’effet de l’érosion sur les roches, sont un autre prétexte d’excursion dans les environs de Salalah. Le plus connu d’entre eux est le Wadi Darbat : le cours de la rivière part du massif du Dhofar, serpente à travers les hauts plateaux puis se jette dans la mer. Tout au long, de splendides lacs et cascades sont le rendez-vous des Dhofariens… et pour nous, l’occasion d’une belle balade au cœur de paysages verdoyants.

Un lagon dans le Wadi Darbat (Hubert Vereecke, Au Tigre Vanillé)

Poursuivant la route vers l’ouest du Dhofar, on atteint une région côtière au relief changeant : de charmantes criques de sable s’alternent avec des falaises qui se jettent à pic dans l'océan. Une région qui se prête idéalement à un petit road trip contemplatif ! Prévoir une demi-journée, ou une journée depuis Salalah. On s’arrête au grès de ses envies, tantôt dans un village de pêcheurs, tantôt pour une baignade rafraîchissante.

Sur votre route, faites halte aux geysers de Mughsayl qui vous offriront un spectacle naturel assez curieux : à marée haute, l’eau pénètre dans la roche et par la pression en ressort en forme de puissant jet d’eau !

Geysers de Mughsayl au Sud-Ouest de Salalah

5. Les montagnes : repère du léopard d'Arabie

À parler de plages, de littoral et de désert, on en oublierait presque que le nom de la province fait référence à la chaîne de montagnes du Dhofar. Très facilement accessible depuis Salalah (30 minutes de route), le massif culmine à environ 2000 mètres d’altitude avec le Jebel Samhan et offre des vues sensationnelles sur la mer d’Arabie. Il est connu pour abriter une espèce en danger critique d’extinction : le léopard d’Arabie. Une réserve naturelle lui est d’ailleurs consacrée depuis une vingtaine d’années dans ces mêmes montagnes.

Des randonnées, courtes ou plus engagées (des parties du massif sont particulièrement escarpées), à pied ou à vélo peuvent être organisées à la journée depuis votre hôtel de Salalah, ou de Mirbat. On vous conseille un départ le plus matinal possible pour profiter des heures fraîches de la journée !

Où dormir au Dhofar ?

Le Anantara Al Baleed est un hôtel haut de gamme à la situation idéale pour faire l'expérience du Dhofar. En bord de mer avec un accès à la plage, il se situe un peu à l'extérieur de Salalah, chef lieu du Dhofar. Vous y trouverez tout le confort nécessaire pour vous remettre de vos longues journées passées à arpenter la région : plusieurs restaurants, une grande piscine, un spa et des chambres douillettes avec vue sur la mer !

Anantara Al Baleed

Quelques informations pratiques

Durée idéale du séjour :
Le Dhofar peut constituer une extension de quelques jours (3 nuits minimum) à la découverte du nord omanais. On peut également considérer cette région comme une destination de voyage à part entière, auquel cas consacrez-y une semaine à 10 jours.

Quand partir :
Pour profiter des températures clémentes et d’un temps sec, partez entre novembre et mars.

Accès :
En complément à un voyage dans les autres provinces omanaises, vol depuis Mascate (1h30). Possibilité également d’un vol direct depuis Doha (avec Qatar Airways) ou Dubaï (Emirates), en connexion avec Genève.

Repas Magic Camp dans le désert du Wahiba - Oman | Au Tigre Vanillé

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